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Le Lin : tout savoir sur cette matière naturelle écologique

Depuis la nuit des temps, le lin tisse sa toile. De l’Égypte Antique à l'Europe, de la mode à la décoration, de la fibre à la graine, de l’indoor à l’outdoor, il est exploité sous différentes formes. Cette matière naturelle végétale à la fibre écologique est promise à un bel avenir.
Le lin : une matière naturelle éco-responsable

Qu’est-ce que le lin ?

Le lin est le premier textile connu et utilisé par l’Homme. Les premières traces remontent à 36 000 av JC. Cette matière ancestrale résulte de nombreuses étapes de production et de transformation. Elle est l'œuvre de savoir-faire d’agriculteurs, de teilleurs, de filateurs, de tisseurs ou de tricoteurs, d’ennoblisseurs et de négociants.
Bon à savoir
Si le lin date de plusieurs millénaires, il représente aujourd’hui moins de 1% des fibres textiles consommées dans le monde.
La plante, semée entre fin février et fin mars, fleurit en juin le temps de quelques heures. Sa tige mesurant entre 80 à 120 cm est arrachée et déposée au sol en juillet. Jusqu’en septembre se déroule le rouissage. Étape au cours de laquelle les fibres textiles se libèrent et les substances se désagrègent grâce à l’alternance de la pluie et du soleil. Les fibres de lin sont ensuite extraites de la plante tout au long du teillage (égrenage, étirage, broyage, battage). Une fois peignés, ces rubans sont transformés en mèches puis en fils. La filature s’effectue de deux manières : “au mouillé” dans de l’eau chauffée à 60°C ou “au sec”. La seconde méthode permet l’obtention de fils épais et davantage brut utilisés pour l’ameublement, la décoration, les cordes...

Elle présente un avantage écologique puisqu’elle ne requiert pas d’eau. Les fibres sont assemblées lors du tissage ou du tricotage. Denim, jersey, toile… Le lin peut être travaillé de diverses manières.
Une fois la matière obtenue, elle subit des étapes d’ennoblissement (blanchiment, teinture, impression, apprêts) qui lui confèrent des propriétés supplémentaires : le toucher, l’aspect, les performances.

Les propriétés du lin

Le lin est employé dans la mode (Icicle), dans le linge de maison (Greige) ou encore le design d’intérieur (The Flax Project). Grâce à ses propriétés thermorégulatrices, il peut être porté tout au long de l’année. Le lin possède aussi des vertus hypoallergéniques et anti-bactériennes. Agréable au toucher, il s’adoucit au fur et à mesure sans boulocher. Les irrégularités spécifiques aux fils de lin permettent de réaliser un tissu à l’aspect flammé.

Il se fait une place au sein des matériaux composites à haute performance. Il est utilisé pour les équipements de sports : les paires de ski (Salomon), le skate (Akonite), les planches de surf (Notox), les vélos (In’bô). Et également dans l’éco-construction, l’isolation ou encore l’industrie de l’automobile.

Le lin : une matière éco-responsable ?

Le lin est biodégradable et peut se décomposer en quelques semaines ou en quelques mois. Il présente l’avantage d’être zéro-déchet. La plante est exploitée dans son entièreté : des graines de lin à l’anas en passant par les fibres.

La culture du lin est respectueuse de l’environnement pour diverses raisons : 
  • Peu d’intrants
  • Sans OGM
  • Pas d’irrigation : l’eau de pluie suffit hormis en cas de circonstances exceptionnelles
  • Absorbe le carbone : un hectare de lin retient chaque année 3,7 tonnes de CO2
  • Structure et améliore la qualité des sols
Bon à savoir
Le lin peut être produit localement. Entre 80 et 85% de la culture du lin est réalisée en Europe de l’Ouest et plus précisément sur une large bande côtière qui s’étend du Sud de la Normandie au Nord de la France, de la Belgique aux Pays-Bas. La France est le premier producteur mondial. Si la culture est locale, il n’en est pas de même pour ce qui est de la filature.
Après avoir été récoltées, près de 80 à 90% des fibres produites en Europe sont exportées vers la Chine afin d’être transformées en fils puis renvoyées en Europe. L’empreinte carbone du lin se trouve alors alourdie. Des acteurs s’engagent pour la re-localisation. C’est le cas de la filature Safilin dans le Pas-de-Calais.

Le lin ou les labels pour le reconnaître

Master of Linen ® garantit que la matière (pur lin, mélange lin majoritaire, ou métis) a été réalisée en Europe, de la plante au fil en passant par le tissu.  Il tient également des engagements sociaux et environnementaux.

La certification Global Organic Textile Standard (GOTS) garantit l’utilisation de fibres biologiques et interdit les substances chimiques dangereuses.

European Flax ® garantit la traçabilité d’une fibre de lin de qualité premium cultivée en Europe de l’Ouest. Issue d’une agriculture respectueuse de l’environnement, sans irrigation (à 99,9%) ni OGM.

Entretien du lin

Lavage du lin

Quelque soit la matière, la première chose à faire avant de laver un produit est de regarder son étiquette pour consulter les conseils d’entretien. Avant le premier lavage, il est recommandé de faire tremper le lin dans un bain d’eau froide avec 25 cl de vinaigre blanc pendant 12 heures. Cette étape à pour effet d’assouplir le lin et de fixer les couleurs.

Pour le lavage à la machine, il vaut mieux privilégier un programme délicat entre 0° et 30° maximum. La maille peut être glissée dans un filet afin d’être préservée de potentiels accrocs dans le tambour de la machine à laver. Un essorage doux n’excédant pas plus de 600 tours par minute est conseillé. Le lin peut également être lavé à la main pour les plus motivés.

Séchage

N’oubliez pas de sortir le linge directement après la fin de la machine afin de limiter l’aspect froissé. Le fait de sécher l’étoffe à l’air libre plutôt que dans un sèche-linge permet de préserver les fibres de lin.

Repassage du lin

Le repassage abîme les fibres de lin. Cette pratique, si elle n’est pas préconisée, peut être de même être réalisée sur l’envers lorsque le lin est humide. Le défroisseur vapeur est une option pratique pour défroisser la matière.